L’exemplarité Européenne
En 2007, un seul candidat à l’élection présidentielle avait choisi pour thème de campagne la réduction des déficits publics : François Bayrou.
La crise financière a fait la preuve de la justesse de son analyse et de l’urgence à mettre en œuvre un programme de réduction des déficits.
Face à une situation de plus en plus insoutenable pour de nombreux états, la France ne fait pas exception et doit se résoudre à la rigueur.
Ironie du sort, l’aggravation récente de l’endettement des états est le fait des milliards d’aides apportés aux banquiers irresponsables et aux besoins de liquidités de l’économie mondiale. Ce sont aujourd’hui ces mêmes banquiers qui prêtent aux états en pratiquant des taux très élevés. La prime de risque sans doute…
Au milieu du tumulte que traversent beaucoup de pays, principalement européens, les premières mesures sont mises en œuvre. Ainsi, le nouveau gouvernement britannique a pris comme première mesure (symbolique) de réduire de 5% le salaire des ministres. Les gouvernements Espagnols et Portugais ont suivi avec de 5 à 15% de réduction tant pour les différentes catégories de fonctionnaires que pour les élus nationaux. On ne peut que saluer le courage et la lucidité de ceux qui doivent prendre des décisions contraignantes pour leurs concitoyens et les appliquent en commençant par eux-mêmes.
En France, le gouvernement vient d’annoncer que les plus hauts revenus et les revenus du capital seront mis à contribution. Enfin, serait-on tenté de dire. S’il faut se féliciter de cette mesure, nous ne parlons pas là seulement d’affreux profiteurs. En effet, le « bas de laine » des français, composé essentiellement d’assurances vie, attise depuis longtemps la convoitise des techniciens de Bercy. Ce sera donc un – premier – effort très partagé.
Oui mais voilà, si les français sont en droit d’espérer de la part de leurs gouvernants une démarche d’exemplarité égale à celle de nos voisins, ils attendent encore les annonces du Président de la République à ce propos. Est-il nécessaire de rappeler que M. Sarkozy s’est augmenté de 140% en prenant ses fonctions ? Même silence radio du côté des ministres, lesquels avaient également bénéficié de très substantielles augmentations en 2007 (30% en moyenne et 5% tous les ans…).
Si certains cherchent encore la vraie nature de la fracture sociale, elle est peut-être là, entre des élites arc-boutées sur leurs avantages et leurs privilèges et le peuple français qui va devoir se serrer -encore une fois -un peu plus la ceinture.

